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Classic Hip Hop #8 : Black Sheep / A Wolf In Sheep's Clothing

Sous l'aile bienveillante de la Native Tongue, Label AOC du Hip-Hop époque fin 80-début 90 ayant pour figure de proue les Jungle Brothers, A Tribe Called Quest ou encore DeLaSoul,
Drés et Mista sortent en 1991 cette merveille d'album. Tout les codes de leurs glorieux ainés y sont respectés à la lettre: beats à forte influence Jazzy, lignes de contre-basses rondes, samples de cuivres et lyrics conscients et positifs, joyeusement teintés de cynisme pour les bien-nommés BlackSheep.
Les deux rappeurs produisent l'integralité d'un album cohérent aux samples maitrisés parmis lesquels on croise la toujours délicieuse et distinguée Millie Jackson.
Afro-centrisme, vitriol et humour d'adolescents nerveux sont au rendez vous.
Reste cette impression étrange; crédité uniquement sur le titre " La Menage", l'ombre de Q-Tip est là, partout, tapie dans le creux de votre oreille. Omniprésent, dans les voix, dans les flows, dans l'ambiance. On pardonnera bien volontiers cela à nos deux loups déguisés en moutons  tant le rendu est excellent et coule tout seul au point qu'il aurait, à mon sens, fait un parfait candidat pour la rubrique Sirkeul.
A découvrir ou redécouvrir d'urgence!

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Classic Hip Hop #7 : Jeru The Damaja / The Sun Rises in the East

En 1984, cet album se serait appelé "DJ Premier & Jeru - The Sun Rises in the East". Mais il sort en 1994 et le Dj n'a plus l'honneur d'être le premier mentionné.
Pourtant il s'agit bien d'une collaboration car Primo produit l'intégralité de cet album brillant.
Et comme à chacune de ses colaborations (parmi lesquelles GangStaar avec Guru ou les albums de MOP), il réussit le tour de force de donner une couleur originale au Mc qu'il invite tout en imprimant son style.
L'invité en question, c'est ici Jeru, ovni technique à la poésie noire.
Jeru n'est pas là pour rire. Jeru n'est là pas pour faire le guignol. Jeru rappe pour te faire reflechir et te ramener dans le droit chemin de la réflexion. Jeru ne glorifie pas les bitches, il les dissocie des queens, sisters and young ladies. Jeru s'en prend à l'hyper-consommation et à la notion d'Average Joe.
Mais Jeru n'en oublie pas pour autant, maintenant qu'il sort son premier album, de nous faire découvrir un jeune talent, lui qui fut révélé au détour d'une participation au morceau I'm the man sur Daily Operation de GangStaar. Frère spirituel de Jeru, Afu-Ra lance via le morceau Mental Stamina, sa jeune carrière.

You wanna front What??

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Classic Hip Hop #6 : Redman / Muddy Waters


 Attention, la chronique qui va suivre ne sera absolument pas objective et adoptera par moment un ton proche de la groupie. L'auteur vous remercie de ne pas lui en tenir rigueur parce qu'après tout, c'est quand même lui qui décide.

Juillet 1996: il est 23h passé, c'est l'été, les vacances, le camping, les déambulations nocturne sur la plage avec la tribu, la belle vie quoi!
3 nanas sont assises sur le sable dans un coin, avec un poste à côté d'elles... Elles se marrent, ont l'air un peu éméchées;on s'invite comme des crevards, bien entendu.
Elles sont sympa et parlent beaucoup. Elles ont l'air mignonne dans la nuit, mais je m'en fous. Putain mais c'est quoi ce truc qu'elles écoutent depuis tout à l'heure??

-"ça?? Ben c'est Redman, tu connais pas??"

C'est moi ou elle me prend de haut, là??
Mais maintenant que je suis là depuis une demi-heure, à hocher la tête sur ces beats envoûtant, les tympans frappés par le flow original de Reggie Noble, j'me sens comme un con de ne pas connaitre effectivement. Alors que c'est qui, elle, pour l'avoir connu avant moi?? Pour oser me balancer mon impardonnable ignorance au visage, comme ça, avec son petit rictus désagréable.. Connasse, va!

Septembre 1996, c'est la rentrée, me voici décidé à prendre de bonnes résolutions: je ne veux plus rester un ignorant, je veux toute la discographie de Redman!!

Muddy Waters, le son écouté deux mois plus tôt, est donc le troisième album de la discographie du Monsieur, qui en comptera 3 supplémentaires pour sa carrière solo.
Assurément, c'est le meilleur! L'alliance parfaite du flow de Redman et des productions de Erick Sermon, maitre ès beats boueux et hypnotisant, à base de boucles de basses rondes et lourdes.

Cet album est un Hommage. Un hommage à Newark, le quartier d'origine du Mc, et à la vie qui va avec. Un hommage à ses influences musicales aussi : les emprunts à Rick James, Johnny Guitar Watson, The Isley Brothers ou encore Curtis Mayfield. Le titre de l'album est un hommage à l'artiste du même nom, la pochette est un hommage au film Léon, présentant le Funk Doctor sortant droit d'un marécage, assis dans cette pièce dont la décoration est réduite à un poste TV et une fleur de synthèse, le micro posé à portée de main, telle l'arme d'un tueur à gages.

Une bombe!

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Classic Hip Hop #5 : Notorious B.I.G / Ready to die

"Tout chez ce mec là était hardcore; de sa paupière demi-close à l'odeur de ses pets!"
Cette charmante description vous est offerte par Easy Mo Bee, producteur d'une bonne partie des titres du premier album de "Biggie Smalls".

Personnage troublant et controversé, ayant connu une vie et une success story digne d'un film hollywoodien (je vous invite, à ce titre, à consulter son excellente biographie sur l'Encyclopédie Libre en ligne), Christopher Wallace est l'une des plus grandes légendes du rap new-yorkais.
Légende fondée sur son attitude, donc, comme le résume si bien la phrase d'Easy Mo Bee, son flow exceptionnel et la poésie de ses textes inspirée de sa vie romanesque à Brooklyn.
Textes qu'il n'écrivait pas...
C'est ce que j'ai toujours admiré chez lui; chaque parole, chaque mot, chaque rime sortait directement de son cerveau, sans avoir fait couler la moindre goutte d'encre.

Le même Easy Mo Bee, qui collaborera plus tard avec Miles Davis, raconta avoir été impressionné par cette façon qu'avait Biggie de jouer avec ses mots comme un jazzmen jouerait de son instrument. Maitrisant tous les contours de son art, enregistrant la plupart de ses couplets en une seule prise (comme sur le titre Gimme the loot qui raconte l'histoire de deux types partis pour faire un braquage), Biggie régale, aussi à l'aise sur les instrus hardcore, que sur les prods aux samples ultras-grillés de l'équipe de Puff Daddy, qui se partage les tracks avec Easy Moo Bee.

Le titre Juicy sera le premier énorme succès de Notorious B.I.G sur la scène nationale et internationale, signant par là la réponse que toute la côte Est attendait vis à vis de l'utra-domination de la côte Ouest sur le rap jusqu'alors, sur le plan commercial au moins. On est alors en 1994, l'album Ready To Die sort dans les bacs et l'ascension de Biggie arrive au point de non-retour. L'adolescent "star locale" du quartier, dealer de crack et freestyler réputé devient l'hyper-médiatisée arme numéro 1 de Puff Daddy dans sa conquête planétaire et sa guerre avec l'autre côte des Etats-Unis. Avec la suite que l'on connait.


"We used to fuss when the landlord dissed us
No heat, wonder why Christmas missed us
Birthdays was the worst days
Now we sip champagne when we thirst-ay"


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Classic Hip Hop #4 : Mobb Deep / The Infamous



Où s'arrête le Hip Hop et où commence le Rap?
Où s'arrête la Culture et où commence le Genre?

The Infamous, 2ème album du groupe Mobb Deep a le cul entre deux chaises. Nous sommes en 1995 et Mobb Deep lâche un ovni tout droit venu du Queens qui influencera largement le monde du Hip Hop pour les années à venir.
Le Rap se détache officiellement du Hip Hop avec cet album pour devenir un Genre à part entière, émancipé des codes culturels originaux, et volant de ses propres ailes.
Ici plus de peace, love and havin' Fun, pas de beats funky, pas de samples de jazz, place à la Thug Music, aux beats oppressants, aux nappes sourdes et angoissantes, au récit cru de la vie des minorités pauvres de QueensBridge et du quotidien des Macs et autres dealers de cracks.
Pourtant, les deux membres de Mobb Deep ne sont pas forcément ceux dont ils parlent dans leurs textes. Havoc et Prodigy se sont en effet rencontrés sur les bancs d'une école d'art, leur amour du rap et leurs origines communes feront le reste.
Les productions de cet album sont toutes signés par Havoc, aidé sur 2 titres par Q-Tip d'A Tribe Called Quest, donnant à l'album une cohérence énorme entre les lyrics et l'ambiance lourde des beats. 
Un vrai chef d'œuvre en la matière, donc forcément indispensable. S'il ne faut garder qu'un seul album de toute la discographie de Mobb Deep, ça sera celui ci et pas un autre!

Classic Hip Hop #3 : The Pharcyde / LabCabinCalifornia



Continuons notre petite revue subjective des Classics Hip Hop par le second album du groupe californien The Pharcyde. 
Sorti en 1995 sur le label Californien Delicious Vinyl, l'album est en partie produit par le groupe lui même, Jay Dee se chargeant de l'autre partie. Tu connais pas Jay Dee, t'en fais pas copain, il fera l'objet d'une prochaine rubrique, t'auras tout le loisir de le découvrir !
Une fois n'est pas coutume (voir la chronique Classics Hip Hop #2) The Pharcyde a la particularité de venir de South Los Angeles ( ex South Central, patrie du G-funk et autres Gangsta Rap) mais de proposer un son East coast, mélodique et jazzy, proche de Pete Rock, A Tribe Called Quest et autres DeLa Soul.
3 des 4 membres du groupes se sont rencontrés par la danse, leur discipline d'origine qui aura une influence énorme sur leurs flows, techniques, sautillant, adaptable aux variations des beats. Car cet album mérite une écoute attentive ne serait-ce que pour la performance des MC's, véritable démonstration de style et modèle du genre de l'époque.
Tu veux un dernier argument? C'est pas un problème: le groupe a collaboré à ses débuts avec Reggie Andrews, professeur de musique et accessoirement producteur ayant travaillé avec le groupe de Funk The DazzBand mais aussi avec Rick James. Bah ouais poto, je chronique pas sur les premiers venus, tu devrais commencer à le savoir.


Petit bonus qui vaut bien le coup d'œil, le clip Drope, dirigé par Spike Jones, qui va te paraitre bizarre au début, le temps que tu en saisisses le concept que tu trouveras génial, à coup sûr!


Classic Hip Hop #2 : Del The Funky Homosapien / No need for alarm

"Il y a des claques qui s'perdent!"
No Need for Alarm est plutôt du genre claque qui ne s'égarera jamais.
Cet album est le deuxième de monsieur Teren Delvon Jones aka Del The Funky Homosapien, cousin de Ice cube, fondateur du collectif Hieroglyphics, originaire d'Oakland CA , dont vous avez forcément un jour ou l'autre entendu le flow rugueux et atypique, au détour d'une sélection Mangedisc ou encore via le tube ultra-planetaire de Gorillaz "Clint Eastwood". Et oui, le couplet rappé démoniaque de ce track, c'est lui!
De sa discographie délirante, vous aurez le devoir d'écouter Deltron 3030, album concept où Del nous emmène dans un futur lointain, entre dictature fasciste et extraterrestres menaçant, produit par Dan the Automator (à qui l'on doit, entre autres la production du premier album de ... Gorillaz, tiens tiens!).
On peut être originaire de Californie, avoir des liens familiaux avec un des pionniers du gangsta-rap sans pour autant faire du G-funk!
No need for Alarm en est le plus parfait exemple. Produit en majeure partie par le noyau dur du crew Hieroglyphics -A+, Domino, Toure et Del himself-
cet opus est le fruit d'une rencontre bienvenue entre le Boom-bap New-yorkais et la Chronic californienne.
Des breaks de batteries organiques, des basses angoissantes, des violons torturés, la construction de beats via Sp-1200 est rigoureuse comme un label AOC. L'un des meilleurs exemples de la plus pure époque du Hip-hop américain (à mon sens), celui qui se voulait subversif, récréatif, mais qui n'avait pas pour but de se cantonner aux auditeurs du hood, ni de se plier au formatage MTV, nouvelle norme en devenir.
Qu'il nous emmène dans ses pérégrinations quotidiennes, qu'il raille les autres rappeurs ou les pouffiasses ("Boo-boo heads, I want U dead!"), qu'il invite sa famille pour le modèle du genre "No more Worries", Del s'adapte et rebondit sur chaques instrus.
De toute manière, dès le 2ème track, "Catch a bad one", il lance en guise de rappel -People have the memory lost, they don't remember I'm the boss"
Maintenant, vous êtes prévenu!  
                                                                                                                                 
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Classic Hip Hop #1: Blahzay Blahzay / blah-blah-blah

- Papa?? C'est quoi pour toi un "Classic Hip-hop"??
-J'attendais cette question depuis si longtemps, fils, previens ta mère, qu'elle ne nous somme pas de venir à table dans le vent, on descend à la cave,j'vais t'en mettre plein les oreilles du "classics hip-hop".
Tiens et puis prend la boite secrète de papa aussi, ca va nous mettre dans l'ambiance..

Mon fils n'a que 2 ans et demi et il est encore loin de me poser des questions de ce genre, même si il scotche souvent devant la collection de papa avec un air interrogatif.
Vivement 2025!
En attendant j'ai déjà beaucoup anticipé cette hypothétique future question. A coup sûr le premier album qui ressortira sera "Blah-blah-blah" de Blahzay Blahzay.
Blahzay Blahzay c'est un duo de producteurs de Brooklyn qui n'a, à ce jour, sorti qu'un seul album, en 96. Mais quel album!
Un duo composé de MC Out Loud et Dj PF Cuttin.  En 1996 comme en 2011, l'effet est le même, basé sur d'intemporelles instrus épurées et lourdes.
Un jour ou l'autre, vos oreilles ont sûrement entendu le titre Danger, décliné sur le LP en 2 versions
Je ne saurai trop recommander à vos oreilles de s'attarder également, en plus du reste, sur le titre Good cop Bad cop. On parle là d'une autre époque du Hiphop, une époque où un album Hiphop se devait d'avoir une couleur propre et non pas une suite sans queue ni tête de titres produits indifféremment par la floppée de producteurs hype du moment. Et la couleur de Blahzay², c'est la pure école New-yorkaise, celle qu'a du fréquenter DJ premier notamment tant la construction des beats semble similaire (Primo qui signa justement l'un des plus fameux remix du titre "Danger"...). Basse batterie et des petits sons loopés, hypnotisant à souhait.
Laissez à présent la voix de Out Loud vous embarquer, ne resistez pas, ca ne sert a rien de toute facon!
Un classique, selon l'expression rapportée à une oeuvre, est consacré dans l'admiration et fait autorité dans son genre. Accordez moi le fait qu'associer le terme de classique à cet album est purement subjectif, mais n'oubliez pas que le temps de cette chronique, vous êtes un peu mon fils, si vous ne souhaitez pas vous faire tirer les oreilles ou finir au coin, évitez de me contredire. Et écoutez donc cet album unique, ce "classic"!


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